Un théâtre n‘est pas une épicerie (même fine). On n’y présente pas de produits ciblés que les consommateurs vont s’arracher.
La vie d’un théâtre ne devrait pas se limiter à remplir les rayons de produits frais et performants, facilement vendables, d’un bon rapport qualité-prix, avec la pointe de nouveau qu’il faut pour allécher le client pointu et la capacité aussi de refourguer sous des emballages neufs des produits habituels.
Le spectateur n’est pas un consommateur, il ne vient pas au théâtre comme on va au super marché acheter sa boite de petits pois.
L’inventivité est un concept commercialo-médiatique quand elle est trop faiblement liée à la signifiance.
La dynamique créative d’un théâtre a besoin de la mise en commun de matériaux artistiques. Avec la mise en jeu d’un matériau commun, une proximité artistique se forme et permet à une équipe d’avancer sur des références (positives ou négatives) partagées. La mise en commun permet aussi l’affinement du discours et contribue à remettre en dynamique la question de savoir avec quelles visées on fait les choses. Un théâtre qui ne travaille pas à son autoformation risque rapidement l’éparpillement de ses forces artistiques dans des guerres d’individualités et des palabres qui masquent en dernier recours de simples rivalités de personnes.
(écrits pour David Strosberg)
Jean-Marie Piemme
15/06/08